colomb.jpgLe récit des événements du passé nous rapporte que pendant la fin du 15ème siècle des explorateurs conduits par le génois Christophe Colomb, ayant perdu la voie qui devait les conduire sur la route des épices, se sont par hasard, le 5 Décembre 1492, retrouvés sur les côtes de l’Ile d’Haïti tandis qu’ils croyaient naviguer tout bonnement vers les Indes. Leur découverte allait changer de manière considérable la destinée de ce coin de terre, par où, les Espagnols, plus tard allaient lancer leurs conquêtes. Parmi les victimes de cet événement, une femme, Anacaona dont le nom seul fait la fierté de tout un peuple.

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On retient tous qu’a la découverte d’Haïti, le 5 Décembre 1492 par Christophe Colomb, des hommes à peaux rougex que l’on a appelé, par ignorance, Indiens ont habité le territoire de l’Ile aux terres hautes. Le mode de vie que menait ces hommes et femmes avait étonné les explorateurs qui les considéraient d’une culture inferieure. Ils étaient prêts à tout donner pour n’importe quoi qui arrivait des terres inconnues, aurait écrit Christophe Colomb. De là est née l’intention deshumanisante de les réduire en esclavage. Comme par une bénédiction, les explorateurs allaient découvrir les Zémès sculptés dans l’or pur. Ironie du sort, les indiens, ainsi nommés, seront exterminés, leur dieux seront enlevés pour être conduits en Espagne, pays chrétiens, ainsi que certains Indiens qui devaient être présentés comme des bêtes sur les grandes places publiques, témoignage de leur barbarie et de leur ignorance. Disons plutôt, avilissement de l’Homme ! Et cela qui vivaient en paix longtemps avant l’arrivée de ces barbares d’une autre race, les Indiens, ont été exterminés par les nombreux voyages des Espagnols. Haïti, terre haute, Kiskeya ou Bohio avait sa structure. Cinq caciquats étaient constitués pour diriger le quotidien de la population indigène.

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La providence a décidé que parmi ces cinq Caciquats, il y ait une femme. Epouse d’un grand cacique, Caonabo, et sœur d’un autre grand chef, Bohechio, Anacaona, connue par ce nom, serait la première et la seule femme à diriger deux Caciquats. Elle était née dans le royaume du Xaragua dont elle a hérité le trône et elle a dirigé en parallèle la Maguana après la mort de son mari.

Léogâne fût dénommée Yaguana. C’était en réalité une province de la Maguana gouvernée par Caonabo que la femme reine, Anacaona, remplaca après sa mort. Anacaona gouverna la Maguana, le Caciquat de son epoux et aussi le Xaragua qui avait pour Cacique son grand frère Bohechio. Après elle, aucun autre chef n’a dirigé deux Caciquats.

Les gens de Léogâne sont très fiers de la Reine Anacaona dont on rapporte qu’elle a vu le jour dans la section communale de Ti-Boucan, banlieue de Léogâne. Il n’y a pas une preuve tangible qui puisse confirmer que ce trou dans les mornes ait été réellement le git de la Reine. Mais communément appelée “la Grotte Anacaona”, cette cavité est aujourd’hui un des lieux historiques et mystiques le plus visité d’Haïti.

Le mari de la reine Poétesse, Caonabo, a été le roi Cacique le plus intelligent et le plus courageux de la terre des Indiens devenue Hispaniola. Les autres Caciques comme Guacanagaríc et aussi les Espagnols, serviteurs de la Reine Isabella, étaient tres jaloux de sa personnalité.

Caonabo incita les Indiens à se révolter, Christophe Colomb était furieux et ordonna qu’il soit arrêté, mis en prison, et pour être exécuté. Il a fallu pour cela l’intervention d’Alphonse Ogeda, un jeune officier Espagnol rusé, intrépide, pour animer la traitrise contre le grand Caonabo. Alphonse Ogeda était arrivé à Hisponiola accompagné d’une escorte de neuf cavaliers qui prétendaient apporter des cadeaux à Caonabo. Il (Ogeda) lui a présenté des menottes, instrument qui n’était pas dans la culture du guerrier indien, en lui disant que c’étaient des ornements célestes que les grands seigneurs portent autour de leurs bras aux grandes cérémonies.

Caonabo était pris au piège. Docilement, il a tendu ses mains à Alphonse Ogeda qui l’a arrêté avec l’ordre de l’expédier vers l’Espagne. L’histoire nous rapporte que « La Politesse », le bateau qui le transportait, avait disparu en mer. C’était la fin du grand Cacique.

Le mari de la Reine Anacaona a été trahi. La Reine Anacaona sera aussi trahie par Nicolas Ovando. Elle a été arrêtée au cours d’un spectacle donné en l’honneur même de l’ennemi, Nicolas Ovando. La Reine Anacaona fut enchaînée, puis conduit à Santo Domingo et ensuite pendue sur la place publique. Guacanagaríc n’a pas été épargné de ce sort aussi injuste ; et plus de 200.000 Indiens, hommes, femmes et enfants ont été sacrifiés en moins de 30 ans par les Espagnols.

Quelqu’un eut à dire un jour, « Pourquoi, les Haïtiens commémorent-ils le 5 Décembre ? En quoi cette découverte de la terre des Indiens leur est utile ? La découverte d’Haïti qui a été à l’aube des péripéties d’une race d’hommes décimés, c’est au nom de quelle civilisation ? L’île de St-Domingue a été le théâtre des malheurs de ces hommes et femmes qui allaient presque nus dans la resplendissante nature antillaise. Il faut que les Haïtiens d’aujourd’hui reconnaissent les torts qui ont été faits aux indiens, les peines et les douleurs qu’ils ont vécu. Le jour du 5 Décembre devrait être un hommage à cette race complètement éradiquée de la surface de leur terre à cause de cette dite découverte, en guise d’une célébration de commémoration à la gloire des ravisseurs qui ont emporté les richesses, abusé les femmes et les enfants.

Le 5 Décembre doit être pour les Haïtiens un jour de recueillement sur le sort de tous les (Indiens Peaux-Rouges) condamnés par la civilisation des Espagnols dans le Nouveau-Monde. C’est ainsi que nous pouvons remercier les vrais propriétaires de la terre libérée par les vaillants soldats de 1803.

Nulle part en Haïti on ne voit une photo d’Anacaona (dire que la seule vraiment qui était peinte en son honneur au Lycée de Léogâne n’est plus depuis le séisme du 12 Janvier 2010), mais on voit presque partout l’image de Christophe Colomb. Cette image du chef des ravisseurs est accrochée à nos murs, imprimée dans nos livres d’histoires, encadrée dans nos musées, exhibée sur nos places publiques.

Est-ce pour nous rappeler chaque jour l’enfer que nos grands frères « Indiens » ont subi.

Bobb Q Rousseau